Qu’est-ce que la corruption dans le secteur de l’eau?

Ampleur et portée du défi de l'intégrité de l'eau

Qu’est-ce que la corruption ?

Selon Transparency International, «la corruption est l’abus de pouvoir à des fins d’enrichissement personnel.» La corruption consiste à briser les conventions socialement établies de comportement approprié. La corruption n’est pas l’apanage du secteur public, elle se produit également dans les organisations non gouvernementales et les entreprises privées. Elle implique un corrompu et un corrupteur.

Selon les estimations de la Banque mondiale, 20 à 40 % des financements du secteur de l’eau sont englouties par des pratiques malhonnêtes. La corruption dans le secteur de l’eau peut concerner :

  • La collusion ou les pots-de-vin sur les contrats,
  • des fonctionnaires fermant les yeux sur des malversations,
  • des fonctionnaires bénéficiant d’avantages personnels ou politiques en retour de faveurs,
  • le favoritisme, le clientélisme, le copinage et le népotisme,
  • des frais illégaux payés aux compagnies d’eau pour des prestations normales, ou même
  • la fraude, le détournement de fonds et le vol.

Plus spécifiquement, des exemples récurrents peuvent inclure en échange de pots-de-vins: la réduction des tracasseries administratives relatives aux demandes d’autorisation de prélèvements sur les nappes phréatiques, les privilèges accordés à  certains prestataires dans les contrats de services  ou de construction d’infrastructures hydrauliques, l’accélération des travaux de raccordement d’un ménage au système municipal d’adduction d’eau, ou la falsification des relevés de compteur d’eau …

 

Comment cela affecte-t-il le secteur de l’eau?

La corruption dans le secteur de l’eau est à la fois une cause et un élément de mauvaise gouvernance du secteur.
Elle n’est pas spécifique à un pays ou une région donnée et/ou au seul secteur de l’eau. Cependant, le secteur de l’eau à l’échelle mondiale,  a bien des caractéristiques particulières qui le rendent vulnérable à la corruption.

La corruption prospère là où les niveaux de transparence, de redevabilité et de participation sont faibles et où l’administration publique et les capacités de gestion financière sont faibles. Elle peut se manifester au plus haut niveau de la sphère  gouvernementale où elle peut fausser le fonctionnement de l’administration centrale. Il s’agit de la grande corruption qui implique souvent d’importantes transactions financières. Ce type de corruption peut affecter les processus d’attributions de marchés des grands projets d’infrastructures hydrauliques. Par contre, la petite corruption implique l’échange de petites sommes d’argent, l’octroi de petites faveurs ou l’emploi de parents et amis dans des postes subalternes. Bien que se manifestant à plus petite échelle, elle est plus fréquente et omniprésente. De façon cumulée elle implique d’importantes sommes d’argent et des mécanismes complexes.

De manière générale, la corruption dans le secteur de l’eau :

  • empêche l’application complète et équitable des lois et règlements
  • dévie la trajectoire des fonds injectés de leur objectif originel dans le secteur de l’eau
  • déstabilise le processus de partage
  • gonfle les coûts

Quelle qu’en soit la forme, la corruption dans le secteur de l’eau conduit irrémédiablement à des coûts plus élevés et à un accès limité à l’eau, en particulier pour les plus pauvres et les plus vulnérables.
L’eau est un  fondement essentiel du développement. Sans elle : point de croissance économique, ni d’industrie, ni d’agriculture; la maladie et la mortalité infantile prospèrent. Les longues heures perdues quotidiennement à ramener de l’eau empêchent de nombreuses femmes de travailler et les enfants d’aller à l’école.

En détournant les ressources de là où elles sont le plus nécessaires, la corruption aggrave les défis déjà colossaux bien au-delà du secteur de l’eau et met en danger la vie et les moyens de subsistance.