LE SUIVI EST ESSENTIEL POUR RENFORCER LA GOUVERNANCE DE L’EAU

AMÉLIORATION DES SYSTÈMES D’EVALUATION POUR LE CHANGEMENT

L’Initiative Gouvernance de l’eau de l’OCDE (OECD-WGI), une plate-forme multipartite cofondée par WIN, propose des conseils aux  gouvernements sur la manière dont les politiques relatives à l’eau peuvent être conçues et mises en œuvre pour améliorer les moyens de subsistance. L’approche utilisée par l’OECD-WGI consiste à renforcer l’engagement des différents acteurs et à soutenir des processus ascendants qui permettront d’élaborer des politiques pour le secteur de l’eau. Pour ce faire, l’OECD-WGI a élaboré un ensemble de principes qui guident la réforme des politiques dans le secteur.

Afin d’aider les institutions gouvernementales et les autres acteurs de différents pays à suivre la mise en œuvre des principes de l’OCDE sur la gouvernance de l’eau, l’OECD -WGI a initié l’élaboration d’un cadre d’indicateurs. En effet, le suivi est un moyen essentiel permettant de déterminer les domaines pour lesquels la réforme est nécessaire et comment celle-ci doit être structurée.

Lors de la Semaine mondiale de l’eau de Stockholm, le président de l’OECD -WGI, Peter Glas a confirmé: ‘Nous devons tous travailler à mettre en place les conditions idoines pour des systèmes de gouvernance de l’eau efficaces, efficients et inclusifs à différentes échelles. L’évaluation de la gouvernance de l’eau est la pierre angulaire pour atteindre cet objectif. Un cadre d’évaluation pertinent peut aider les décideurs politiques à prendre les bonnes décisions et à suivre les progrès vers une meilleure gestion de l’eau’.

Lors de la réunion – convoquée par l’OECD-WGI, IWMI, le SIWI, la Facilité Gouvernance de l’eau du PNUD-SIWI et la Commission de la recherche sur l’eau – sur la manière dont les politiques publiques peuvent être conçues et mises en œuvre afin de contribuer à la réalisation des objectifs liés à l’eau, il a également appelé les participants à rejoindre l’initiative : ‘Mettons-nous au travail’.

 

ELABORER UN CADRE DE SUIVI SOLIDE

Au cours des discussions avec le public lors du le panel, composé de Transparency International, d’ASTEE, de WIN, du Réseau international des organismes de bassin et de SIWI, Teun Bastemeijer de WIN a partagé ses idées sur la promotion de l’intégrité de l’eau et sur l’évaluation de l’impact de programmes de qualité sur la gouvernance de l’eau. Quelques exemples de questions posées: Quelles mesures doivent être mises en place pour promouvoir la bonne gouvernance dans le secteur de l’eau? Comment pouvons-nous garantir la redevabilité et éviter la corruption dans la gouvernance de l’eau?

Les indicateurs permettant d’évaluer la bonne gouvernance dans le secteur de l’eau ne peuvent être développés en une seule journée. Le processus nécessitera la confiance et l’engagement des acteurs et devra inclure l’élaboration des indicateurs d’intrants1779, de processus, de résultats et d’impact. L’effort de mise en place d’un cadre d’indicateurs solide en vaut la peine, car il peut aider les institutions publiques et les acteurs à différents niveaux à savoir sur quels domaines de résultats mettre l’accent pour parvenir à une meilleure gouvernance de l’eau pour des résultats durables et équitables.

Bastemeijer a clairement souligné que la question de l’amélioration de la gouvernance dans le secteur de l’eau ‘ne revient pas seulement à avoir les bons indicateurs, mais également à documenter et à tirer leçon de pratiques en constante évolution’. Les indicateurs ne sauraient remplacer la documentation des meilleures pratiques.


QUE FAUT-IL EVALUER

Des choix doivent être faits sur les aspects à évaluer en tenant compte des contextes spécifiques à chaque pays, bassin et localité, et ces choix peuvent concerner un ou plusieurs des douze principes de l’OCDE sur lesquels les acteurs décident de mettre l’accent. Néanmoins, dans les processus d’amélioration de la gouvernance de l’eau, il est généralement plus urgent d’accorder une attention particulière au suivi de l’utilisation efficace et efficiente des ressources financières. Selon le Water Integrity Global Outlook 2016 (WIGO), il n’y a pas une vue d’ensemble exhaustive des financements disponibles pour le secteur de l’eau et la quasi-inexistence de données financières rendent difficile le suivi des finances et des pertes. Par conséquent, il devient presque impossible d’assurer la traçabilité, pour savoir exactement comment il est dépensé et identifier là où il est gaspillé. Dans le même temps, nous savons qu’au moins 10% des investissements du secteur de l’eau est englouti par la corruption. Cela représente des milliers de dollars qui disparaissent chaque année. Un meilleur suivi financier est donc nécessaire si l’on veut une gouvernance de l’eau “propre” et il  sera essentiel d’établir des mécanismes de redevabilité sociale dans les systèmes de financement public du secteur de l’eau. Cela peut permettre de s’assurer que les risques ou les lacunes soient identifiés à un stade précoce.

Bien que le suivi financier seul ne soit pas suffisant, il doit être un élément essentiel de tout cadre de suivi holistique.

 

QUELS INDICATEURS UTILISEZ-VOUS POUR EVALUER L’EFFICACITE DE LA GOUVERNANCE AU SEIN DE VOTRE ORGANISATION ?

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